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La propagation d’une onde

Jean Baptiste est une voix qui crie dans le désert. Voici comment il se définit devant ceux qui, déjà, commencent le procès du Christ. Une voix, une onde qui porte le message d’un autre : celui de Dieu, Verbe fait chair.

Cette Parole, je l’ai parfois accueilli au milieu d’une foule de plus de 2 millions de jeunes. Mais aussi au coeur de tout petits groupes, . Vendredi soir, dans la nuit d’un petit bourg bien calme, nous étions 7 chrétiens, rassemblés dans la salle paroissiale de l’Ange Gardien. Une lumière sur la table, un crayon à la main, et une heure devant nous pour accueillir, méditer, prier, partager cette Parole. Temps de grâce.

Merci Seigneur. L’onde provoquée par Jean le Baptiste n’a pas fini de parcourir la terre !

Dimanche de la Joie

Bonjour Jean Luc, bonjour à tous

Au cœur de ce temps de l’Avent, ce dimanche est particulier. Dans la tradition de l’Eglise, nous l’appelons le « dimanche de la Joie ». Une des paroles qui sera lue lors des messes, aujourd’hui, vient de l’apôtre Paul : « Soyez toujours dans la joie »

Et quand je pense que certains imaginent qu’être chrétiens, c’est être dans la tristesse ! Bon, c’est vrai que, parfois, lors de certaines célébrations, la joie n’est pas exubérante. Sans doute parce que ceux qui y sont présents sont là avec tout le poids de leurs vies et j’espère bien qu’à défaut d’arriver avec le cœur en joie, ils repartent porteurs de cette joie.

Oui, le message de l’Evangile est un message de joie. Et que l’on soit croyant ou non, c’est bien une de nos aspirations. Il y a ces grandes joies qui marquent des étapes essentielles de nos vies, il y a toutes ces petites joies du quotidien qui nous réconcilient avec la vie, même si on n’est pas franchement fâché avec elle !

Alors je vous propose un petit défi. Nous entrons peu à peu dans une course folle qui nous mène à Noël : il faut penser aux cadeaux, passer chez le traiteur pour préparer le menu, lancer les invitations, et puis quelle tenue je vais porter, je n’ai plus rien à me mettre !!! Oui, une folle course. Alors ce défi, et bien c’est de donner un petit peu de joie chaque jour à quelqu’un que je croise : à la maison, à l’école, au travail, dans les transports, au hasard de mes journée. Essayez, vous verrez que ce n’est pas très compliqué et vous découvrirez (ou redécouvrirez) que de vouloir donner de la joie aux autres, c’est en recevoir encore bien plus pour nous même. Et si c’était cela le bonheur ?

Je vous souhaite une semaine toute remplie de joie ! A dimanche prochain

Imposer les mains

Je rencontre son papa et sa maman au milieu du chantier de la Maison Paroissiale. Le baptême est prévu le lendemain. Timothée a 1 mois et demi. Il est la joie et la fierté de ses parents, il est promesse d’avenir, il est la vie fragile et naissante. Je vais lui imposer les mains au coeur du sacrement du baptême qu’il va recevoir.

Aussitot après, je vais rendre visite à Gaby, 84 ans. Une figure Saint Pairaise, un pilier de la vie paroissiale. Elle est entrain de préparer son grand passage « pas facile de mourir » dira-t-elle à l’une de ses visites. Allongée sur son lit de douleur, elle est promesse de vie éternelle, elle est la vie fragile et renaissante. Là aussi, je vais lui imposer les mains au coeur du sacrement des malades qu’elle désire recevoir. Elle semble dans la paix, prêt à l’ultime rencontre avec le Créateur, Notre Père.

Elle qui fut lumière pour tant et tant : sa famille si nombreuse, en premier lieu, mais aussi les paroissiens et tous ceux qu’elle rencontrait, elle semble s’éteindre tout doucement. C’est ainsi qu’elle est partie la nuit dernière. La petite lumière s’est éteinte, mais nous savons que c’est pour briller à nouveau dans le feu nouveau de la vie éternelle.

A Timothée comme à Gaby, j’aime souhaiter un bon voyage !

Vais-je oser entrer ?

Il est là, errant quelque part sur notre terre Manchoise, avec sa pierre, prêt à la déposer pour la construction de l’édifice.

Au loin, il distingue bien de la lumière et des cris joyeux. Alors il s’approche. Certains sont déjà dans la Maison. La plupart s’y sentent un peu comme chez eux, les derniers arrivés semblent plus intimidés, ne comprenant pas d’emblée tous les codes et les rites de cette famille.

Alors il approche. Il hésite. Il fait deux pas en avant et trois en arrière.

    Vais-je oser entrer ?

    Vais-je être accueilli avec mes doutes et mes inquiétudes ?

    Vont-ils me laisser un peu de place ?

     Accepteront-ils ma pierre ?

Bon, j’y vais. Je franchis la porte. Après tous, je suis un peu comme eux, ceux qui sont déjà entrés, et les autres qui, comme moi sont encore sur le seuil.  J’entre dans cette maison.

Moi aussi aujourd’hui, j’aimerai en être une pierre vivante.

Rencontre avec le Créateur

Prêtres, peut-être plus que d’autres, nous vivons souvent le grand écart dans notre accompagnement de la vie de celles et ceux que nous cotoyons. En l’espace de 24 heures, ce dimanche, je l’ai encore vécu. J’ai gardé des liens avec Cherbourg : connaissances et amis. Samedi, rentrant tout juste d’une retraite en silence de 6 jours, je baptisai la petite fille de paroissiens cherbougeois devenus Saint Pairais. Jour de fête : quel bonheur de vivre de tels baptêmes dans la joie de sentir des familles réellement concernées et convaincues dans leur démarche. Moments intenses…

Et puis dimanche, partant pour le rassemblement des Aumôneries, j’apprends le décès de Mamie Christiane, maman et grand mère d’amis Cherbourgeois. Prendre le temps de partager ces moments avec eux, improviser une petite prière au funérarium, et préparer avec la célébration de la Pâque de leur mamie. Moments intenses, eux aussi …

Mais voilà, vie et mort sont liées. Elles sont commencement et aboutissement de notre vie terrestre. Elles sont l’Alpha et l’Oméga de notre histoire d’Alliance avec notre Créateur, Dieu et Père. Que Marie-Gabrielle découvre cette tendresse de Dieu dans laquelle, désormais, repose Mamie Christiane.

Une voix crie dans le désert

 Billet du dimanche 4 Décembre 2011 – 2è dimanche de l’Avent

Bonjour à tous, chers auditeurs de Tendance Ouest.

Quand je prépare cette petite chronique dominicale, j’ouvre la Bible et regarde la page que nous entendrons ce matin dans nos églises. Et je m’interroge toujours : qu’est-ce que cette parole peut bien vouloir me dire,  à moi qui la reçoit, mais aussi à vous tous qui m’écoutez en ce moment.

« Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le Fils de Dieu »

Voilà les premiers mots que les chrétiens entendront dans quelques instants. Et je m’arrête déjà ! Il est question d’un commencement. Comme une nouvelle vie, une nouvelle naissance, une lumière qui pointe dans nos ténèbres. N’est-ce pas ce que nous fêterons dans quelques semaines, au cœur de la nuit de Noël ? Comme tous ces commencements qui doivent émailler nos vies. Après un coup dur, il faut savoir rebondir, après une grande joie, il ne faut pas déprimer quand l’on retrouve le train-train quotidien… Toujours commencer, re-commencer, parce qu’ainsi est la vie, notre vie.

Et je continue la lecture : « A travers le désert, une voix crie »

Une expression que nous employons tous un jour ou l’autre : parler dans le désert. Avec cet inconfortable sentiment de n’être ni entendu, ni écouté. Mais le désert, c’est grand, immense, et souvent bien vide ! Pourtant le dernier grand prophète de l’Ancien Testament (parce que c’est de lui qui s’agit : Jean Baptiste) y vient quand même. Et non seulement il parle, mais il crie ! Ce qu’il a à annoncer est tellement important. Cela fait des siècles que tout le peuple des Hébreux est dans l’attente, et ça y est, c’est imminent : cette naissance, c’est Dieu qui devient l’un de nous. C’est la venue de Jésus Christ dans notre monde. A la fois une vérité historique et un acte de foi.

Alors mettons à l’écoute : dans les déserts que nous traversons parfois, n’y a-t-il pas  une voix qui crie et qui veut nous apporter une Bonne Nouvelle ?

Votre curé vous parle…

Ne pouvant être à la fois à présider la messe d’entrée en Avent de ma communuaté paroissiale et au rassemblement diocésain de l’AEP, à la demande de mon frère prêtre auxiliaire, j’ai laissé ce petit message, en guise de souhaits pour une bonne année !!

« Alors voilà que vous avez un curé qui essaie de résoudre une drôle d’équation : être au même moment en deux endroits différents ! Et de tout temps, nous savons que, c’est impossible !Porter deux (même trois) casquettes amène parfois des conflits d’agendas pour des ministères différents. Ce dimanche, c’est le rassemblement diocésain des collégiens des aumôneries de l’Enseignement Public ce qui  m’empêche d’être à St Pair ce matin !Et donc, n’ayant pas ce don d’ubiquité, je me permets, par la voix de mon frère prêtre Daniel, de vous adresser quelques souhaits.Les premiers mots du Christ à notre égard en ce début d’année sont clairs :

« Prenez garde, Veillez ! »

Dans les versets qui précèdent ceux que nous venons d’entendre, Marc nous parle de la venue du Fils de l’homme : « On verra le Fils de l’homme venir, entouré de nuées » Bien sur, en citant l’Apocalypse, l’évangéliste nous parle de ce retour définitif que nous espérons tous lors de la fin des temps. Mais ne nous trompons pas, cette venue, elle est pour maintenant, dans l’aujourd’hui de nos vies.

Dans un mois, nous ne célébrerons pas la venue du Fils de l’homme pour la fin des temps. Nous célébrerons sa venue dans notre vie, dans notre temps, dans notre monde. « Prenez garde, veillez… »

Dans ce monde fou qu’est le nôtre, monde d’affrontements, d’enlèvement, de crise, de tensions, il nous faut être ces veilleurs qui rappellent qu’une espérance est possible, qu’une espérance est là.

Prenons garde de ne pas céder au découragement,

Prenons garde de ne pas unir nos voix aux hurlements des loups,

Prenons garde de ne pas perdre la Foi !

Le Fils de l’homme va venir dans toute sa puissance. Oui c’est vrai. Mais ce sera dans la fragilité d’une crèche. Voilà comment se manifeste sa toute puissance. Et de même lors de sa Passion : c’est sur la Croix qu’il affirmera la toute puissance de son amour et de sa Royauté ! C’est dire qu’il faut sans cesse exercer notre vigilance, notre veille, pour savoir le reconnaître et pouvoir l’accueillir.

Alors faites attention, Marc le répète avec insistance : le maître arrivera à l’improviste. « Il peut vous trouver endormis »

Et si les vœux que nous échangions en ce début d’année nous encourageaient à ne pas nous endormir !!

Ne pas nous endormir sur la Parole du Seigneur. Une Parole à lire, méditer, savourer, seul ou en groupe : n’ayez pas peur de vous lancer dans des groupes de partage « St Marc » !

Ne pas nous endormir sur l’attention aux autres. Que nous sachions donner notre parole, notre sourire, nos mains pour soulager ceux qui souffrent. Rappelons-nous l’évangile de dimanche dernier : Matthieu ne dit pas que tout ce que nous faisons au plus petits, aux plus souffrants d’entre nous, c’est comme si nous le faisions au Seigneur. Non, c’est au Seigneur lui-même que nous le faisons !

Ne pas nous endormir sur notre mission d’annoncer la Bonne Nouvelle. En parole, en acte, notre monde, notre paroisse a besoin d’entendre la douce musique de l’Evangile.

Alors quelque soit l’heure, le soir ou à minuit, au chant du coq ou au matin, demeurons des veilleurs, passionnés de l’Evangile, passionnés de Dieu, passionnés des hommes !

Permettez-moi alors de plagier les derniers mots de St Marc :

Ce que je vous dis là, je le dis à tous : bonne et sainte année. Veillez ! »

Temps de la renaissance

Alors que la nuit tombe, les premières lueurs d’une nouvelle année apparaissent. Le 1er dimanche de l’Avent est là. 
Temps des recommencements
Temps de la renaissance

 

Et pour commencer cette nouvelle année, je viens de baptiser Marie-Gabrielle, me donnant la joie de retrouver tout plein de visages cherbourgeois.
 
Et pour commencer cette nouvelle année, l’envie me prend de faire une petite visite à mon blog très endormi. C’est l’époque des bonnes résolutions (la nouvelle année et une semaine de retraite en Foyer de Charité)….  alors pourquoi pas le réveiller !! mais bon, vais-je m’y tenir … ?
En tout cas, j’essaie !!
 

Un carême qui file bien vite…

La tension monte, la semaine tant attendue arrive, l’ultime fête, sommet de toute l’année est tout proche.

Et le coup d’oeil dans le rétroviseur me dit que bien des évènements se sont passés sur la paroisse durant ces presque 40 jours.

Cela commençait douloureusement avec la mort d’Adrien, paroissien actif, apprécié de tout le monde, président de la Saint Pairaise, l’association qui gère si bien le patrimoine immobilier de la paroisse. J’étais encore à la montagne, loin de ma paroisse et de ses proches.

Et puis les rencontres se sont succédées…. Pour notre préparation pascale : les temps de partage de la Parole se succèdent dans les différentes communautés, toujours occasion d’échanges simples et beaux entre nous , la soirée « Change ton coeur » hier soir : quand on essaie d’appliquer certaines recettes des jeunes pour les adultes et les moins jeunes ! Et bien, ça marche ! Une belle soirée qui a permis à certains(es) de retrouver le chemin de la réconciliation…

Pour la Saint Pairaise : l’Assemblée Générale, convoquée par Adrien eut lieu, suivie d’un nouveau Conseil d’Administration : c’est que la vie continue et il fallait retrouver rapidement un président. Merci à Gérard d’avoir accepté de prendre la relève. D’autant que nous apprenons la fermeture de l’école Sainte Marie. Les temps sont difficiles pour les saint pairais…

Pour le Journal paroissial, nouvelle mouture : à force de rencontres, de relecture, de re-relecture, il est enfin sorti ! Les 75  diffuseurs bénévoles sont partis arpenter les rues et les villages de la paroisse pour le déposer dans toutes les boites aux lettres (enfin presque, il manque des exemplaires !) Un nouveau challenge, mais qui a bien mobilisé les paroisiens. Merci à chacun !!!

Et nous voilà presque prêt pour Pâques. Bientot. Vite.

Mais pourquoi ils veulent nous marier ???

Comme je viens de le lire sur le padreblog, y en a marre de tous ces gens qui veulent absolument nous marier, nous les prêtres. En quoi cela peut-il géner ceux qui ne sont pas concernés que nous soyons célibataires ?

Les journaux aiment faire leurs « une » sur la vie cachée de ces prêtres qui vivent avec une femme, les sondages nous disent qu’une majorité aimerait que nous soyons mariés, et vous voyez bien, il y en a plein qui partent pour se marier ! Plein ? Pas si sur…

Mais vous savez, quand même, un prêtre marié comprendrait mieux les couples et les familles. Ok, mais alors il faudrait que nous soyons également et simultanément jeunes, bébés, vieillards, malades, chomeurs-directeurs de PME-fonctionnaires-agriculteurs, athés, hyper cathos, papophobes et papophiles, pauvres, riches, bourgeois… Et quoi encore ? Et quid des divorcés alors ?? Ilm faudrait que je devienne prêtre marié-divorcé…. Le degré de compréhension se mesure-t-il dans le fait de vivre dans la même situation ou dans la capacité d’écoute et d’empathie ?

Mais vous savez, quand même, un prêtre marié ne pourrait plus être pédophile. Parce que bien évidement, ce crime est réservé aux prêtres-célibataires-sans enfants ! Les humoristes (qui ceux-là, ne me font plus rire du tout) en sont convaincus. Mais malheureusement, d’honorables pères de famille et d’époux attentifs en sont également coupables !

Et puis, vous savez, quand même, un prêtre marié ne sombrerait pas dans les angoisses de la solitude.

Mais arrêtez donc ! Je suis un prêtre célibataire et heureux de l’être, comme la plupart de mes confrères. Nous avons fait un choix. Il y a 21 ans pour moi lors de mon ordination diaconale. J’ai pris le temps de murir cette décision, j’ai vu mes meilleurs potes et amies d’enfance se marier et construire leur famille. Bien sur que cela me posait question parce que tout choix est aussi renoncement, et alors, est-ce pour autant invivable ? L’Eglise ne me demande pas l’impossible. Quand j’ai dit OUI, ce fut aussi avec ces quelques mots : AVEC LA GRACE DE DIEU….

Tout choix est don. Et je sais que mon célibat est signe pour le monde d’aujourd’hui. Et je sais qu’il n’est pas plus difficile à assumer que le mariage et l’accompagnement de ses propres enfants. Bien sur que nous connaissons de moments plus difficiles. Mais je ne crois pas que cela nous soit réservé. Il en est de même pour chacun et chacune d’entre nous.

Comme prêtre, tu seras le frère de tous et le père de quelques uns. Je cite encore cette parole du Père Fihey lors de mon ordination sacerdotale en juin 91. Depuis 20 ans, je rends grâce à Dieu d’avoir pu vivre cette double dimension de mon ministère. Frères de celles et ceux qui me sont confiés et avec qui je chemine, père de quelques uns parce que sans doute ai-je pu marquer tel ou tel d’une manière particulière, comme d’autres prêtres ont pu marquer ma vie de jeune et d’ado.

Non, nous ne sommes pas des hommes seuls !
Oui, nous sommes des hommes heureux. Et grand merci à l’Eglise d’avoir été le relais de ce qui reste, quand même et essentiellement, un appel du Seigneur à le suivre, jusque dans ce célibat choisi !